vendredi 22 août 2025

QUESTIONNAIRE DE PROUST à Nadia Leila Aissaoui

Quel est votre principal trait de caractère ?

L’intransigeance non violente.

Votre qualité préférée chez un homme ?

Sa capacité à envoyer valser le patriarcat et les privilèges qu’il lui procure.

Votre qualité préférée chez une femme ?

Sa capacité à éprouver de la sororité (contre la rivalité) envers toutes les femmes.

Qu'appréciez-vous le plus chez vos amis ?

La tendresse inconditionnelle.

À l’Est du Caire

Dans son troisième roman, Brève histoire de la création et de l’Est du Caire, Shady Lewis réitère son talent singulier en nous livrant un regard poignant et lucide sur le monde à travers la société qu’il connaît le mieux. 

En fin psychologue littéraire, il tisse un récit où s’entrelacent subtilement histoire personnelle, fable urbaine et critique sociale et politique. Publié en arabe en 2021, le livre est magnifiquement traduit en français en 2025 par Sophie Pommier et May Rostom, et publié aux éditions Sindbad/Actes Sud.  

Ce récit qui semble d’abord dérouler les souvenirs d’enfance d’un narrateur dans le Caire des années 80, devient rapidement l’écho saisissant de la violence – réelle et symbolique – de l’Égypte contemporaine. 

De mémoire et d’exil





Sinan Antoon, poète, romancier, traducteur et professeur universitaire, est l’une des voix les plus marquantes de la littérature irakienne contemporaine. 

Né à Bagdad en 1967, il a grandi dans cette ville avant de la quitter en 1991, au lendemain de la guerre du Golfe. Installé aux États-Unis, il y a poursuivi ses études jusqu’à obtenir un doctorat en littérature à l’université Harvard. Son œuvre, à la fois prolifique et poignante, explore l’histoire culturelle et politique de l’Irak tout en restituant une mémoire marquée par l’empreinte des guerres et de l’exil.

Son dernier roman, Comme un parfum de lavande, s’inscrit dans cette même lignée qui mêle réflexion politique, écriture poétique et questionnement identitaire.

Par-delà les murs, chronique d’un captif palestinien désespéré

Il est des productions littéraires qui nous confrontent à une impuissance fondamentale en matière de restitution de leur contenu. Non pas que ce dernier soit ardu ou incompréhensible, mais il impose de trouver les mots justes, à la hauteur des émotions qu’il charrie. Le récit Je suis ma liberté du Palestinien Nasser Abu Srour, paru chez Gallimard, en fait partie.

D’abord publié à Beyrouth en 2022 en arabe, puis en anglais en 2024 à New York, cette œuvre vibrante résonne intensément aujourd’hui avec le génocide en cours à Gaza et la nouvelle guerre israélienne en Cisjordanie occupée.

Nasser Abu Srour, né en 1969, est un prisonnier palestinien, arrêté en 1993 et condamné à la prison à perpétuité pour complicité d’assassinat d’un officier des services de renseignements israéliens durant la première Intifada. Soumis à des actes de torture visant à briser son âme et son corps, déplacé d’une prison à l’autre, il s’en remet au mur de sa cellule auquel il s’accroche pour ne pas sombrer et s’empare de sa plume pour échapper à la cruauté de son destin. « Il semblerait que par instinct de survie j’aie compris que je devais renoncer à la perspective de liberté et faire corps avec ce mur. Sans en avoir conscience, j’arrachai la liberté à ces questionnements étriqués pour la projeter dans le champ de l’imaginaire (…) Ainsi, j’étais comme tout Palestinien conscient de sa servitude, qui doit perdre sa liberté pour se libérer, mourir pour pouvoir vivre. »

Racisme et santé mentale

Dans une démarche engagée et introspective, Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre et écrivaine franco-tunisienne mobilisée sur les « questions identitaires » en France, explore dans Debout, tête haute ! les effets du racisme, dans ses multiples formes, sur la santé mentale des individus et sur la cohésion sociale. Sappuyant à la fois sur sa pratique médicale et son expérience personnelle, elle propose une analyse pertinente des conséquences psychologiques du racisme, tout en appelant à une mobilisation collective contre ce fléau.

dimanche 17 novembre 2024

Entre Paris et le monde arabe, une histoire séculaire intranquille

Coline Houssais est une chercheuse, commissaire, journaliste et traductrice indépendante spécialisée dans la culture des pays arabes et l’histoire de l’immigration arabe en Europe. Son parcours et ses travaux offrent une réflexion approfondie sur les métissages et les interactions culturels qui ont longtemps caractérisé les échanges de part et d’autre de la Méditerranée.

Après son anthologie sur les musiques arabes en 2020, elle publie en 2024 Paris en lettres arabes dans lequel elle examine les mouvements d’idées, de styles et d’influences, au croisement de l’art, de la politique et du savoir. Elle retrace les nombreuses interactions entre Paris et les intellectuels arabes, en mettant en lumière les paradoxes et la complexité de ces relations depuis plus de treize siècles.

jeudi 1 août 2024

Grandeur et décadence dans le Tunis des années 30

Récompensé par un Comar d’or en 2021, prix tunisien qui honore les meilleures créations romanesques en arabe et en français, et récemment sélectionné pour le Prix de la littérature arabe, le roman de l’écrivaine Amira Ghenim, Le Désastre de la maison des notables, paraît en langue française en août 2024. Brillamment traduit par la poétesse et romancière Souad Labbize, ce troisième roman vient définitivement consacrer une voix émergente de la littérature tunisienne.
Amira Ghenim, docteure en linguistique et professeure à l’Université de Tunis, s’empare de la littérature pour nous offrir un regard sur une période clé de l’histoire tunisienne à partir des années 30. Inspirée par la philosophie de Hannah Arendt, elle choisit la force du récit afin de donner du sens et du relief à une histoire politique et sociale, par ailleurs abondamment documentée dans le monde académique.

mercredi 17 juillet 2024

Stéphanie Dujols, la tendre passeuse

S’il fallait attribuer un qualificatif à Stéphanie Dujols, ce serait celui de passeuse. Cette traductrice et interprète honore son métier par sa capacité à restituer dans la langue française, parfois en mieux, des trésors de la littérature arabe. Nous lui devons entre autres la magnifique traduction du dernier roman de Jabbour Douaihy Il y avait du poison dans l’air, celle du roman carcéral de Moustafa Khalifé La Coquille ou encore Un détail mineur de l’écrivaine palestinienne Adania Chibli.

Résidant aujourd’hui en Égypte, Dujols a passé une dizaine d’années en Palestine, à Gaza et en Cisjordanie, où elle a été interprète pour des organisations humanitaires, professeure de yoga et également enseignante de français.

Mais Stéphanie Dujols ne se contente pas de de nous ouvrir à des œuvres d’auteurs arabes. Elle publie également aujourd’hui, un carnet chez actes sud dans la collection « Un endroit où aller » qui coïncide avec une actualité déchirante où nous assistons avec impuissance à un génocide de la population de Gaza commis par Israël.

samedi 23 mars 2024

La nourriture de l’âme

Les rituels funéraires ont toujours été un élément fondamental de la condition humaine. Ils offrent un moyen de dire adieu à celles et ceux qui nous ont quittés et permettent de trouver un sens à la perte.

Dans ce laps de temps suspendu se constitue ainsi une vie et une communauté autour des endeuillés, et dans les différentes cultures, le passage des défunts vers l’autre monde est assuré par des pratiques liées aux croyances locales et au rapport aux ancêtres. La préparation des repas funéraires figure parmi les plus partagées et chargées symboliquement.

Dans son livre «La cuisine de la consolation», Stéphanie Schwartzbrod recueille les témoignages de vingt cinq hommes et femmes sur les rites culinaires pratiqués dans leurs pays.

jeudi 1 février 2024

Jabbour Douaihy : Loubnan ou l’histoire d’une mélancolie

Jabbour Douaihy nous a quittés le 23 juillet 2021. Cet écrivain amoureux de la vie a glissé son dernier souffle, telle une révérence, dans un ultime ouvrage qui vient clore le cortège de son œuvre et dont la traduction en français est parue récemment aux éditions Sindbad/Actes Sud.

Il est difficile de ne pas entrevoir dans le parcours du personnage principal de son dernier roman Il y avait du poison dans l’air des résonnances avec sa propre histoire. C’est un peu comme s’il revisitait pour la dernière fois des souvenirs d’enfance, de jeunesse et des lieux qui lui étaient chers entre la montagne de ses origines et Beyrouth la capitale.

Au gré de ce voyage, son personnage se fait le narrateur de l’histoire douloureuse d’un pays en proie à des crises et des guerres récurrentes, entamant à chaque fois un peu plus sa capacité à se relever. Comme si le destin ou la malédiction s’arrangeaient à chaque fois pour une raison occulte pour que «Saint Georges regarde toujours ailleurs», lorsque le pays se déchire.

jeudi 1 juin 2023

Le coût des sentiments

Taleb Alrefai est né au koweit en 1958. Enseignant en écriture créative à l’Université Américaine de Koweit, il occupe dans le même temps un poste de responsabilité au Conseil national de la culture, des arts et des lettres du ministère de l’Information. C’est également un journaliste et un auteur prolifique dont les textes portent un regard situé sur la société koweitienne. La douzaine de romans et recueils de nouvelles expriment son souhait de «donner une vraie image du pays», car selon lui c’est le rôle de la littérature de dessiner avec vérité et authenticité l’état présent de la société. 

Son dernier roman «Les portes du paradis» nous invite à découvrir une histoire captivante jusqu’à la dernière page, narrée par ses personnages principaux. Chapitre après chapitre, l’univers des uns et des autres s’ouvrent à nous avec leurs voix singulières.

Yacoub, un homme d’affaires d’une soixantaine d’année passe le plus clair de son temps à la gestion de son business. Voyages, transactions financières, signature de contrats absorbent toute l’attention de cet homme dont la mission est d’assurer une vie confortable et prospère à sa famille. Il envisage de transmettre son empire à son fils préféré Ahmed qui ne le voit pas de cet œil. Introverti et mystérieux, celui-ci a des ambitions qui sont aux antipodes de celles de son père. Il veut aller en Syrie combattre aux côtés de ses «frères d’arme».

lundi 10 avril 2023

Y a-t-il encore un ailleurs ?

Durant les révolutions arabes, le narrateur de ce roman, un Égyptien
copte vivant à Londres, reçoit un jour l’appel de son ami du Caire qui lui demande d’organiser les funérailles d’un jeune Syrien dont la famille réfugiée en Égypte n’a pas été autorisée à faire le voyage pour l’enterrer. Il y consent non sans peine, car qu’y a-t-il de plus triste pour un étranger que de mourir loin des siens, sans aucune présence clémente pour l’accompagner dans ce dernier voyage? «Si je ne pouvais rien pour les vivants, le moins que je puisse faire était de me rendre utile pour les morts.

Les damnés de la terre

Les vivants qu’il évoque sont le public qu’il accompagne dans son métier au sein d’une administration sociale. Ceux que la société rejette, que l’origine ethnique, géographique, la précarité et parfois les choix de vie relèguent à la marge d’un système conçu pour ne préserver que les privilèges d’une minorité. Avec ses collègues pour la plupart de provenances diverses, il est chargé d’enquêter auprès de populations prioritaires en vue d’octroi de logements sociaux.

samedi 4 février 2023

La mémoire du jasmin

Dans ce roman captivant et remarquablement traduit, Mansoura Ez-Eldin nous propose dans un aller-retour dans le temps et l’espace, entre le Caire et Basra (actuelle Bassorah en Irak), de rencontrer des personnages intemporels dans un récit qui mêle subtilement fiction et réalité historique.

Hishâm Khattab, jeune cairote, ingénieur en géologie au chômage, voue une passion ardente pour les manuscrits anciens. Il s’intéresse en particulier à l’histoire de l’islam et aux grands penseurs musulmans qui ont fondé ou nourri la réflexion théologique de divers courants tels que le soufisme, l’ibadisme, le kharijisme, le chiisme ou le mutazilisme.

À défaut de pouvoir vivre de son métier, il fait du commerce de livres anciens son gagne-pain. Un jour, dans l’attente du passage d’un convoi présidentiel, il aperçoit dans la foule une jeune femme, Mervat, tenant entre ses mains Le Grand Livre de l’interprétation des rêves attribué à l’imam Muhammad Ibn Sîrin, datant du VIIIe siècle. Intrigué par cette femme à laquelle il trouve une troublante ressemblance avec la muse et épouse de Marc Chagall, il l’aborde et de cette conversation naît une relation nourrie de leur passion commune pour l’art et la littérature.

jeudi 5 janvier 2023

Conversation avec l’absent

«Oublie ton nom, tu es le numéro 1858!» dit le geôlier à Mazen al-Hamada lors de son arrestation. Dans l’usine de la mort qu’est la prison syrienne, cette phrase glaçante préfigurait du sort qui l’attendait, lui qui n’était plus qu’un nombre de plus dans la longue chaîne de l’abattoir.

Mazen al-Hamada, un jeune homme de Deir Ezzor, issu d’une famille nombreuse, aimante et politisée, s’était comme beaucoup de jeunes de son pays engagé avec espoir dans la révolution syrienne. Arrêté, cruellement torturé et violé, il finit par prendre la route de l’exil qui le mènera après maintes péripéties aux Pays-Bas.

Résolu à parcourir le monde et témoigner de l’horreur vécue, Mazen a livré des heures de narration à la journaliste Garance Le Caisne, autrice du livre documentaire à la renommée internationale Opération César, Au cœur de la machine de mort syrienne.

jeudi 1 décembre 2022

Brigitte Giraud : Questionner le destin

La perte brutale d’un être cher ouvre un gouffre béant qui, à défaut ou en attendant d’être colmaté par le processus du deuil et de l’acceptation, laisse s’échapper, telle une lave en fusion, des interrogations lancinantes et de la culpabilité. Dans ce temps suspendu, les questions obsédantes emboîtent le pas à la sidération. Comment continuer à vivre après la perte de l’être cher ? Pourquoi lui, pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Et si ce jour-là, par une sorte d’intuition, de choix différents, il avait été possible d’altérer le destin ?

 

dimanche 7 août 2022

De corps et d’exils

Le dernier récit que nous livre l’écrivaine Fawzia Zouari s’apparente à un long voyage trouvant sa source dans les territoires de l’enfance et du féminin. Le corps des femmes constitue la trame principale sur laquelle vont venir se déposer des souvenirs, des peurs, de la cruauté, de l’affection et de la nostalgie.

De sa Tunisie natale, plus précisément de son village, Ebba, l’autrice se raconte, enfant au lendemain de l’indépendance, dans cet entre-deux encore imprégné de présence coloniale et en transition vers un destin aux promesses multiples. Le sien la mènera de l’autre côté de la Méditerranée par un chemin qui relève du miracle tant les obstacles à l’être femme étaient innombrables à l’époque.

À Ebba, l’espace privé et l’espace public étaient strictement délimités. «Le monde se divisait en deux dans mon village. Il y avait les femmes avec leurs silhouettes ajourées, leurs incantations, leurs douleurs, leurs pouvoirs domestiques mais aussi leur mystère nimbé de silences perfides et de larmes. Et il y avait les hommes régnant à l’extérieur, complexes, aventureux, puissants, imprévisibles.»

mardi 12 juillet 2022

Transsexualité: Histoire d’une douloureuse traversée

Alors que le phénomène de la transsexualité devient de plus en plus visible, il garde toutefois une part importante de tabou et de résistances dans la plupart des sociétés. Ce livre est un récit inspiré de la réalité. Il nous immerge dans une douloureuse aventure transgenre d’un adolescent koweitien, Rayyan, dont l’assignation au genre féminin a été source de mal-être à mesure que la puberté marquait son corps.

Soutenu par sa mère et sa meilleure amie Jawa, Rayyan décide de procéder à des analyses médicales pour comprendre l’origine de son malaise et surtout pour confirmer son sentiment d’être un homme dans un corps de femme. Il apprend qu’il est effectivement atteint d’une anomalie génétique qui confirme son sentiment. Le monde entier se dérobe sous ses pieds à cette annonce, car il comprend que la transformation physique est inéluctable et qu’elle risque de changer radicalement son rapport au monde. «A mesure que j’entendais les paroles du médecin, une peur étrange s’immisçait en moi. Ma vie allait complètement changer: j’allais m’arracher du corps de cette jeune femme que j’avais toujours connue et dans lequel j’avais vécu pendant quinze ans pour vivre dans la peau d’un garçon que je ne connaissais pas!».

samedi 4 juin 2022

La brèche du désir

Le septième roman de Habib Selmi, écrivain tunisien, fait partie des textes qui nous accrochent dès la première page pour ne nous lâcher qu’à la dernière. Il y raconte une histoire d’amour, mais pas n’importe laquelle.

Kamal Achour, un soixantenaire d’origine tunisienne marié à Brigitte, est professeur de mathématiques à l’université. Il coule des jours plutôt paisibles avec son statut d’homme installé dans la vie et intégré dans la société française. Tous les jours, dans son immeuble Haussmanien, il croise Zahra sa voisine du dessus. Elle est tunisienne comme lui, cinquantenaire, mariée avec un enfant handicapé. Zahra est analphabète, elle fait des ménages et s’occupe de la vieille voisine de palier de Kamal. Ce dernier ne l’avait jamais vraiment remarquée avant d’échanger un jour avec elle quelques mots dans leur langue natale commune.

Au fil des jours s’installe un rituel qui, à chaque rencontre, tisse un peu plus un lien d’une nature particulière. Cette femme qui, au demeurant ne partage rien d’autre que la langue avec lui, commence peu à peu à occuper son esprit lorsqu’un jour au hasard d’une proximité furtive il fut confronté à son corps et aux effluves qui s’en dégagent. 

samedi 7 mai 2022

Porter le Nil sans se noyer

«Je ne savais pas, que les corps des femmes étaient destinés à être des musées de tragédies, comme si nous devions porter la mer sans nous noyer!», tel est l’extrait du poème de la nigériane Hjeoma Umebinyuo inaugurant le quatrième roman de l’écrivain soudanais Hammour Ziada, récompensé du prix Naguib Mahfouz en 2014, et traduit aujourd’hui en français.  

Nous sommes en mai 1969, alors que le Soudan connait un coup d’Etat, les habitants du village de Hadjar Narti situé à «deux jours et demi en bus» de la capitale Khartoum repêchent le corps d’une femme flottant sur le Nil. Ce n’est pas la première fois que ce dernier remonte à sa surface des cadavres féminins dont la destinée prend brutalement fin sur ces berges. L’agitation s’empare du village et une période de deux jours est fixée pour l’identifier avant l’enterremen

A Hadjar Narti, deux clans rivaux, les Badri et les Nayer se disputent depuis l’indépendance le pouvoir politique et les terres. Cette rivalité n’empêche pourtant pas des histoires d’amour de se nouer, ni même des alliances de se passer via l’échange de femmes dans un but stratégique de récupération de capitaux.

lundi 7 mars 2022

La trahison du désir

Dans son roman «Comme un désir qui ne veut pas mourir» (Sindbad/Actes Sud 2022), paru en arabe en 2007, qui fit scandale, et censuré dans plusieurs pays, Alia Mamdouh aborde la question de l’intime et du politique en explorant parfois à l’extrême «la relation entre le corps, le sexe, la culture, l’autorité, le pouvoir et le langage». 

Son œuvre est pour elle une façon de faire le deuil de ses propres morts mais aussi de dire la manière dont le culte de la virilité et la domination masculine coiffées d’impuissance, minent les conditions de possibilité de «l’amour» dans la société irakienne.