Affichage des articles dont le libellé est Palestine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Palestine. Afficher tous les articles

vendredi 22 août 2025

Par-delà les murs, chronique d’un captif palestinien désespéré

Il est des productions littéraires qui nous confrontent à une impuissance fondamentale en matière de restitution de leur contenu. Non pas que ce dernier soit ardu ou incompréhensible, mais il impose de trouver les mots justes, à la hauteur des émotions qu’il charrie. Le récit Je suis ma liberté du Palestinien Nasser Abu Srour, paru chez Gallimard, en fait partie.

D’abord publié à Beyrouth en 2022 en arabe, puis en anglais en 2024 à New York, cette œuvre vibrante résonne intensément aujourd’hui avec le génocide en cours à Gaza et la nouvelle guerre israélienne en Cisjordanie occupée.

Nasser Abu Srour, né en 1969, est un prisonnier palestinien, arrêté en 1993 et condamné à la prison à perpétuité pour complicité d’assassinat d’un officier des services de renseignements israéliens durant la première Intifada. Soumis à des actes de torture visant à briser son âme et son corps, déplacé d’une prison à l’autre, il s’en remet au mur de sa cellule auquel il s’accroche pour ne pas sombrer et s’empare de sa plume pour échapper à la cruauté de son destin. « Il semblerait que par instinct de survie j’aie compris que je devais renoncer à la perspective de liberté et faire corps avec ce mur. Sans en avoir conscience, j’arrachai la liberté à ces questionnements étriqués pour la projeter dans le champ de l’imaginaire (…) Ainsi, j’étais comme tout Palestinien conscient de sa servitude, qui doit perdre sa liberté pour se libérer, mourir pour pouvoir vivre. »

mercredi 17 juillet 2024

Stéphanie Dujols, la tendre passeuse

S’il fallait attribuer un qualificatif à Stéphanie Dujols, ce serait celui de passeuse. Cette traductrice et interprète honore son métier par sa capacité à restituer dans la langue française, parfois en mieux, des trésors de la littérature arabe. Nous lui devons entre autres la magnifique traduction du dernier roman de Jabbour Douaihy Il y avait du poison dans l’air, celle du roman carcéral de Moustafa Khalifé La Coquille ou encore Un détail mineur de l’écrivaine palestinienne Adania Chibli.

Résidant aujourd’hui en Égypte, Dujols a passé une dizaine d’années en Palestine, à Gaza et en Cisjordanie, où elle a été interprète pour des organisations humanitaires, professeure de yoga et également enseignante de français.

Mais Stéphanie Dujols ne se contente pas de de nous ouvrir à des œuvres d’auteurs arabes. Elle publie également aujourd’hui, un carnet chez actes sud dans la collection « Un endroit où aller » qui coïncide avec une actualité déchirante où nous assistons avec impuissance à un génocide de la population de Gaza commis par Israël.

vendredi 7 mai 2021

La Palestine comme métaphore

Dans son nouveau roman, Un détail mineur (Editions Sindbad, Actes-Sud, Novembre 2020), Adania Shibli nous présente un récit en deux temps qui se déroule en Palestine à un demi-siècle d’intervalle.

 

C’est dans la fournaise du désert du Néguev que se situe la narration de la première partie. Nous sommes en aout 1949, quelques mois après l’expulsion des palestiniens (La Nakba) suite à la proclamation de l’état d’Israël et la guerre israélo arabe. Un peloton de l’armée israélienne se déploie dans cette zone aride pour ratisser la région et en chasser les derniers arabes. Dans son camp militaire, se met en place une routine décrite par l’autrice avec une précision dénuée de fioritures, presque chirurgicale qui semble être un éternel recommencement. Ainsi, les gestes quotidiens et répétitifs de l’officier maniaque, la chaleur écrasante, l’aboiement du chien, la persistance de certaines odeurs, et l’enchainement cyclique des jours et des nuits installent une atmosphère suffocante.

jeudi 22 novembre 2012

Moyen-Orient : vers un remaniement du paysage politique?

Le Moyen-Orient vit ces derniers jours dans un état d’ébullition qui suscite de nombreuses craintes et augure de changements conséquents dans le paysage politique de la région. En Syrie, la révolution populaire la plus importante dans l'histoire arabe contemporaine continue. Au Liban, le blocage politique persiste et les tensions montent en raison de ce qui se passe en Syrie et dans la région. En Jordanie, une explosion de colère a lieu à cause de mesures impopulaires et de la détérioration des conditions économiques. Des manifestations massives ont appelé la semaine dernière au départ du roi Abdallah. Et puis à Gaza en Palestine, une trêve vient d’entrer en vigueur après qu’Israël ait mené des raids aériens meurtriers et des opérations militaires de grande envergure. Nadia Aissaoui et Ziad Majed pour Mediapart.fr

mercredi 10 octobre 2012

Palestine, 64 ans de solitude

À l'automne de l'année dernière, l'élan du printemps arabe a semblé faire avancer d’un pas la bataille diplomatique palestinienne à l'ONU et redonner, après une longue absence, à la Palestine une présence dans les forums internationaux. Puis vint l’adhésion à l’Unesco pour consacrer ce retour et redonner l’espoir d'une reconnaissance internationale d'un État palestinien. Une nouvelle dynamique semblait naître dans la région, après l'échec des négociations, la poursuite de la colonisation, et la finalisation du mur. Aujourd'hui, un an après le discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, pourquoi la cause palestinienne est-elle retombée dans les oubliettes et pourquoi son leadership est-il en faillite ? Nadia Aissaoui et Ziad Majed pour Mediapart.fr