Dans un contexte où la guerre en Syrie fait rage, Samar Yazbek nous livre un roman qui a valeur de témoignage. Elle y raconte à travers Rima, son personnage principal, le déroulement d’une tragédie humaine que le monde entier regarde avec impuissance, fatalisme et parfois indifférence. Son ouvrage est aussi une histoire de femmes dont on devine tout au long des pages le rêve de liberté dans le rapport au corps, au savoir et au mouvement.
Que les hommes arrêtent de se tromper avec certitude et les femmes d’avoir raison avec hésitation...
samedi 6 octobre 2018
mardi 24 juillet 2018
Rest in freedom sister - à May Skaff
Je t’ai écrit cent fois dans ma tête toute la nuit. Des
mots, des images et des mélodies ont défilé dans la petite histoire qui me lie
à toi. Et voilà que ce matin, mes doigts comme ma gorge se nouent devant mon
écran, incapable de sortir le moindre son, d’aligner la moindre lettre. Les
mots sont insignifiants et pourtant vitaux.
Je te connais trop peu et pourtant tu m’as été familière dès
le premier instant. Quand j’ai aperçu ton visage pétri d’une douleur qui ne
t’en rendait que plus belle, j’ai compris que tu n’y survivrais pas. L’univers
de l’exil était irrespirable et fatal. J’ai compris désormais avec toi qu’il
était possible de mourir de chagrin.
vendredi 16 mars 2018
Antisionisme, Antisémitisme : l’amalgame dangereux | Entretien avec Dominique Vidal
Lors de la commémoration en juillet 2017 du 75è anniversaire
de la rafle du Vel’ D’hiv (la plus grande arrestation massive de juifs en
France pendant la seconde guerre mondiale) à laquelle était convié pour la
première fois un responsable israélien, le président français Emmanuel Macron a
conclu son discours ainsi : « Cher Bibi, nous ne cèderons rien à
l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. »
C’est sous forme d’essai que l’historien Dominique Vidal[1] répond
au propos du président qu’il qualifie d’erreur historique et de faute
politique.
Entretien.
dimanche 4 février 2018
L’obsession du voile : une spécificité française
Il aura fallu attendre dix ans pour que l’ouvrage de
l’historienne américaine Joan W. Scott « La politique du voile » soit
traduit en français (éditions Amsterdam, 2017). Pourtant, ce travail de recherche n’aurait pas été
superflu dans le milieu des études féministes en France. Il n’aurait pas non
plus été de trop dans un débat qualifié « d’hystérie politique » par
l’auteure.
dimanche 24 décembre 2017
Noël vu par des artistes syriens
Entre humour noir, tragédie et espoir, les tableaux des artistes syriens illustrent des aspects de la réalité quotidienne que vivent des millions de leurs concitoyens depuis mars 2011.
Portfolio préparé par Nadia Aissaoui et Ziad Majed pour Mediapart (décembre 2012).
1- Le Père Noël se rend au cimetière et s’adresse aux enfants enterrés : « Pourquoi êtes-vous partis ? Je vous ai apporté les cadeaux que vous m’aviez demandés »…
Portfolio préparé par Nadia Aissaoui et Ziad Majed pour Mediapart (décembre 2012).
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| @Wissam Al-Jazairy |
Quand le sexisme passe à table
Quel
rapport y-a-t-il entre entrecôte et patriarcat ? C’est ce que cet essai (Faiminisme, Editions
Nouriturfu, Paris 2017) au
style incisif et drôle tente d’établir. La passion de son auteure, Nora
Bouazzouni, pour l’alimentation est manifeste : « La bouffe c’est la
vie, un plaisir, un doudou, un héritage», et son regard lucide sur la
domination masculine aussi.
samedi 3 décembre 2016
Pas en notre nom et pas avec nos salaires !
Madame la ministre de la solidarité
nationale, de la famille et de la condition des femmes,
Même pas une semaine après la journée
internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, votre
déclaration publique engage «les femmes cadres qui ont des maris qui subviennent à leurs besoins à aider l’Algérie en cédant la totalité deleurs salaires au trésor public». Votre argument ? Pour ce pays «qui a
assuré notre éducation et nous a donné la chance de faire carrière, ce serait
la moindre des choses».
Passons sur le fait qu’honorer ce pays
aurait été, avant tout, de lui éviter qu’une telle ineptie soit désormais
associée à son image.
Notre consternation est immense, notre
tristesse aussi et bien sûr, notre colère.
Nous, femmes libres, féministes ou
non, toutes héritières de l’indépendance, nous ne vous permettons pas de vous
exprimer en notre nom.
Nos mères et nos grands-mères ont
sacrifié leurs vies et leurs biens pour l’indépendance et la construction de
l’Algérie moderne. Et pour que nous aussi, leurs descendantes, ayons notre
indépendance. Elles nous
ont voulu libres et les égales des hommes de ce pays.
Madame la
ministre, par votre propos, vous méprisez les femmes qui ont arraché de haute
lutte le droit de travailler et de s’affranchir du foyer patriarcal.
En fait, Madame, vous méprisez toutes
les femmes, celles qui travaillent déjà et celles qui souhaiteraient tant
pouvoir le faire.
Celles par centaines, répudiées et
jetées à la rue parce que – justement – sans moyens pour un toit et une
protection à leurs enfants.
Celles qui meurent chaque année sous
les coups de leur conjoint violent avec leurs enfants parce que – justement –
dépendant du salaire marital.
Enfin, prétendre que ces salaires de
femmes sont, de toute façon, mineurs dans un foyer, c’est ignorer leur apport
capital dans une famille, surtout quand elle peine à manger avant même les fins
de mois.
Ignorance (confortée peut-être par
votre salaire de ministre)? Amnésie? La réalité des femmes en Algérie, Madame,
la connaissez-vous seulement?
Le pire, dans cette amnésie, est sans
aucun doute le manque de considération pour toutes celles, femmes, qui ont
perdu leur vie durant la décennie noire pour – justement – avoir voulu étudier,
travailler, continuer de gagner leur vie. Celles décapitées, égorgées pour –
justement – avoir refusé d’abdiquer à l’injonction de l’enfermement et du
repli.
Ces femmes, ces Algériennes
courageuses avant l’heure face à la terreur, ont bravé les menaces et la mort
pour continuer à se rendre sur leur lieu de travail, continuer de servir le
pays et surtout la liberté. Premières à se mobiliser contre la montée
intégriste dont le programme politique – on en rirait si ce n’était si tragique
– était de… «renvoyer les femmes au foyer pour remédier à la crise économique».
On a les références qu’on peut.
Nous, nous savons qu’en ces années, le
salaire de ces femmes qui ont tenu à continuer de travailler, était alors
l’honneur de l’Algérie.
Nous savons, nous, que c ‘est grâce à
elles que ce pays est resté debout, tant il leur était crucial de ne pas le
voir sombrer dans l’intégrisme. Votre
proposition est une grande offense à leur mémoire.
Madame la ministre, alors que
l’augmentation des violences faites aux femmes est criante et appelle urgemment
à leur autonomie financière, une question s’impose: dans quelle Algérie vivez-vous ?
A quelle époque ?
Mais surtout : d’où vous vient
cette volonté de nous livrer en pâture, rivalisant avec les propos des pires
conservateurs et intégristes algériens ?
Une seule femme pourrait retenir votre
proposition: vous, avec votre salaire et vos privilèges,
Et surtout, cet argent qui manque tant
à notre pays, qu’il soit rapatrié de l’étranger ou repris aux nantis qui
considèrent les richesses de ce pays comme leur bien personnel.
Madame, faites ce que vous voulez avec
votre salaire. Ne touchez pas au nôtre !
Et de grâce n’évoquez plus jamais le
bien du pays au nom de nos mères, nos grand-mères, nos filles, nos nièces, nos
voisines, nos collègues… de travail.
Pas en notre nom et pas avec nos
salaires !
N.L. Aissaoui
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