samedi 11 janvier 2020

Contre le Harcèlement Sexuel

Une présentation, en musique et en images, du livre "Non C'est Non, Contre le Harcèlement Sexuel", 
écrit par Nadia Leïla Aïssaoui et illustré par Edith Carron, 
paru chez Actes Sud Junior, Paris, 2019.
Remerciements à Karim Majed pour le montage.

Sortir de la masculinité dominatrice

Il est rare qu’un écrivain explore la masculinité à partir d’une remise en question personnelle, nourrie d’une conviction qu’une injustice historique est faite aux femmes. Le plus souvent, les analyses relatives aux «causes féministes» émanent de chercheuses engagées et concernées par les discriminations. Cette fois c’est un homme, Ivan Jablonka, qui déconstruit dans son nouvel ouvrage «Des hommes justes» (Editions du Seuil, Paris 2019) les représentations liées au masculin et porte un regard très critique sur le modèle dominant. Il soutient la possibilité d’en sortir en adoptant d’autres. «Il y a mille et une façon d’être un homme (…). On peut concevoir un homme féministe, mais aussi un homme qui accepte sa part de féminin, un homme que la violence et la misogynie révulsent, un homme qui abandonne les rôles qu’on lui a fait endosser, un homme sans l’autorité, l’arrogance, le privilège, la prétention de représenter l’humanité tout entière».

vendredi 7 juin 2019

Ceux qui ont peur

Dans son roman « Ceux qui ont peur » (Editions Gallimard 2019, traduit de l’arabe par François Zabbal), c’est l’histoire contemporaine d’un pays, le sien, que nous raconte Dima Wannous. La Syrie de l’intérieur, celle des gens ordinaires dont on a si longtemps étouffé les cris et les voix.

Alors que la tragédie qui se déroule sous nos yeux depuis 2011 et dont on ne compte plus les victimes semble sombrer dans l’indifférence et la lassitude, l’auteure nous invite en rappel à emprunter une autre porte que celle du politique, pour s’immerger dans le «royaume de la peur».  Parmi ses habitants, Soulayma et Nassim dont les destins se croisent dans la salle d’attente d’un cabinet psychiatrique. Loin d’être un détail, ce lieu constitue l’espace dans lequel la parole se dépose. Une parole salvatrice par moments, débordante par d’autres mais surtout en quête de sens à donner au meilleur comme au pire en tout un chacun.

samedi 1 juin 2019

Monde arabe: des révolutions qui se suivent et ne se ressemblent pas

Les actuels soulèvements populaires en Algérie et au Soudan sont l’occasion de revisiter les six révolutions, en Tunisie, en Égypte, en Libye, au Yémen, à Bahreïn et en Syrie, qui ont bouleversé le monde arabe à partir de 2011, et de comprendre ce qui les rapproche et les distingue.
Un article de Nadia Leïla Aïssaoui et Ziad Majed publié dans Médiapart

vendredi 2 novembre 2018

Franck Mermier sur la nouvelle écriture en Syrie et au Yémen : subjectivités et témoignages

Franck Mermier est anthropologue, directeur de recherches au CNRS et ancien directeur du Centre français d’études yéménites (Sanaa) et des études contemporaines à l’Institut Français du Proche-Orient (Beyrouth).
Après « Les villes divisées. Récits littéraires et cinématographiques », un ouvrage qu’il a codirigé avec Véronique Bontemps et Stephanie Schwerter (Septentrion, Paris 2018), deux nouveaux livres sur la Syrie et le Yémen sous sa direction (et sa traduction en collaboration avec Marianne Babut et d’autres traducteurs) sont parus aux éditions Classiques Garnier à Paris.
Entretien - Nadia Leïla Aissaoui et Ziad Majed

samedi 6 octobre 2018

La marcheuse syrienne

Dans un contexte où la guerre en Syrie fait rage, Samar Yazbek nous livre un roman qui a valeur de témoignage. Elle y raconte à travers Rima, son personnage principal, le déroulement d’une tragédie humaine que le monde entier regarde avec impuissance, fatalisme et parfois indifférence. Son ouvrage est aussi une histoire de femmes dont on devine tout au long des pages le rêve de liberté dans le rapport au corps, au savoir et au mouvement.

mardi 24 juillet 2018

Rest in freedom sister - à May Skaff

Chère May,
Je t’ai écrit cent fois dans ma tête toute la nuit. Des mots, des images et des mélodies ont défilé dans la petite histoire qui me lie à toi. Et voilà que ce matin, mes doigts comme ma gorge se nouent devant mon écran, incapable de sortir le moindre son, d’aligner la moindre lettre. Les mots sont insignifiants et pourtant vitaux.
Je te connais trop peu et pourtant tu m’as été familière dès le premier instant. Quand j’ai aperçu ton visage pétri d’une douleur qui ne t’en rendait que plus belle, j’ai compris que tu n’y survivrais pas. L’univers de l’exil était irrespirable et fatal. J’ai compris désormais avec toi qu’il était possible de mourir de chagrin.